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Chutes Victoria, Livingstone, Zambie

Zambie : safaris, chutes Victoria et la vallée du Zambèze sans les foules

  • AuteurOrbito
  • Publié
  • Lecture5 min

La Zambie est l'un de ces pays qui revient souvent dans les conversations entre voyageurs qui connaissent l'Afrique australe, et rarement dans celles des autres. Enclavée, sans côte maritime, sans la notoriété du Kenya ou de la Tanzanie, elle attire pourtant une clientèle fidèle et exigeante, précisément parce qu'elle n'a pas encore eu besoin de se vendre.

Ce qui définit la Zambie comme destination, c'est la qualité de ses safaris et la présence des chutes Victoria, parmi les plus puissantes au monde. Le pays partage ces deux arguments avec ses voisins, mais il y ajoute quelque chose que le Zimbabwe, le Botswana ou la Tanzanie ont en partie perdu : la sensation d'espace et de faible fréquentation.

Les chutes Victoria depuis le côté zambien

Les chutes Victoria se visitent des deux côtés : depuis Livingstone en Zambie, ou depuis Victoria Falls au Zimbabwe. Le côté zambien permet de longer la falaise en face du rideau d'eau principal, ce qui donne une perspective différente : on est dans les embruns, on voit le gouffre de Boiling Pot en contrebas, et en saison haute (février à mai) la puissance du fleuve est telle qu'un imperméable est indispensable même à 50 mètres.

L'entrée côté zambien coûte 20 USD pour les non-ressortissants. Le parc est ouvert tôt le matin (idéal pour la lumière et la faune), et une courte marche longe le bord de falaise sur environ 1,5 km. En saison sèche (août à novembre), le débit diminue et les chutes sont partiellement à sec, mais la vue sur les gorges en contrebas est dégagée et photographiable sans brume.

Livingstone, la ville zambienne côté chutes, est agréable à vivre. Elle concentre les agences de rafting, de saut à l'élastique, de kayak et de croisières-couchers de soleil sur le Zambèze. Pour une expérience moins touristique, les couchers de soleil depuis le bord du fleuve à l'est de la ville sont accessibles sans payer de supplément.

South Luangwa : le parc pour les safaris pédestres

South Luangwa est l'un des parcs les plus réputés d'Afrique pour les safaris à pied (walking safaris). Cette pratique, née en Zambie dans les années 1950 grâce au guide Norman Carr, permet d'approcher la faune à hauteur d'homme, accompagné d'un scout armé et d'un guide naturaliste.

La concentration d'animaux dans le parc est exceptionnelle en saison sèche (juin à octobre), quand toute la faune se regroupe autour de la rivière Luangwa qui rétrécit. Les éléphants traversent la rivière à marée basse, les hippopotames restent visibles de nuit depuis les camps, les léopards se repèrent plus facilement que dans la plupart des autres parcs africains.

Les entrées pour le parc coûtent 25 USD par personne et par jour. Les camps en formule tout compris (hébergement, repas, sorties matin et soir) varient entre 300 et 800 USD par nuit selon la saison et le standing. Des options moins coûteuses existent dans la zone tampon autour du parc, avec des tours opérateurs locaux qui proposent des journées à 150 à 200 USD tout compris depuis Mfuwe.

Lower Zambezi : le parc aquatique

Le Lower Zambezi National Park, dans la vallée du même nom, offre une expérience différente : les safaris se font en canoë sur le fleuve, en longeant les berges où éléphants, buffles et crocodiles coexistent à quelques mètres du bord de l'eau. C'est une des seules situations en Afrique où l'on peut passer à côté d'un éléphant en train de boire sans être dans un véhicule.

Le parc est moins fréquenté que South Luangwa et son accès reste plus compliqué (route difficile ou avion privé depuis Lusaka). Les camps sur le bord du fleuve sont généralement de bon standing, avec des prix comparables à South Luangwa. La meilleure saison est également juin à octobre.

Kafue : le grand parc oublié

Kafue est le plus grand parc national de Zambie et l'un des plus grands d'Afrique, mais il reçoit une fraction des visiteurs de South Luangwa. Les routes sont moins bien entretenues, les camps moins nombreux, et l'expérience moins codifiée, ce qui en fait un choix cohérent pour qui veut éviter les circuits installés.

Les plaines de Busanga, dans la partie nord du parc, sont spectaculaires en juillet et août : les lions et les lycaons y chassent dans une herbe rase après les inondations saisonnières. L'accès se fait en avion léger depuis Lusaka ou en véhicule 4x4 (compter 5 à 6 heures depuis la capitale).

Quand venir et comment organiser

La saison sèche, de juin à octobre, est idéale pour les safaris. La végétation est basse, la faune concentrée près des points d'eau, et les routes praticables. Novembre à mai correspond à la saison humide : les paysages verdissent, les oiseaux sont abondants (excellent pour les ornithologues), mais certains camps ferment et l'accès devient difficile.

Les chutes Victoria sont plus spectaculaires de mars à juin, quand le Zambèze est au maximum. De septembre à novembre, le débit est faible et les gorges sont dégagées.

Un circuit Zambie classique de 10 à 12 jours combine les chutes Victoria (2 nuits à Livingstone), South Luangwa (3 à 4 nuits) et un retour par Lusaka. Kafue ou Lower Zambezi nécessitent des jours supplémentaires. Lusaka, la capitale, est un point de passage fonctionnel mais n'a pas d'intérêt touristique majeur : y prévoir une nuit pour les connections.

Budget et logistique

La Zambie est un pays à faible infrastructure touristique en dehors des zones de safari. Hors des parcs, les options d'hébergement sont limitées et les routes dégradées. Le budget d'un safari en camp correct varie entre 300 et 600 USD par jour tout compris. Les options plus économiques (camping ou budget lodges) existent dans les zones tampon autour des parcs, pour 80 à 150 USD par jour avec guides inclus.

Le kwacha zambien (ZMW) est la monnaie locale. Les droits d'entrée dans les parcs sont en dollars USD. La plupart des camps et hôtels acceptent les cartes Visa et Mastercard, mais avoir du cash en USD reste utile dans les zones rurales.

Pour les vols, Lusaka (LUN) est desservi depuis Paris via Nairobi (Kenya Airways, Ethiopian Airlines) ou Johannesburg (South African Airways, British Airways via JNB). Compter 12 à 18 heures de vol avec escale selon la compagnie.




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