Viêt Nam en 3 semaines : un itinéraire du nord au sud
Vingt et un jours. C'est la durée idéale. Le pays le mérite. Traverser le Viêt Nam de Hanoï à Ho Chi Minh-Ville sans sacrifier ni le rythme ni la profondeur. Le pays s'étire sur 1 650 kilomètres du nord au sud, change de visage à chaque latitude et offre une densité d'expériences difficile à trouver ailleurs en Asie du Sud-Est. Cet itinéraire suit l'axe classique mais évite la précipitation : trois étapes structurées, un budget maîtrisé entre 25 et 40 euros par jour, et une parenthèse nomade à Hoi An pour ceux qui travaillent en voyageant.
Formalités et budget : ce qu'il faut savoir avant de partir
Les ressortissants français bénéficient depuis 2023 d'une exemption de visa de 45 jours pour le Viêt Nam. Aucune démarche préalable n'est nécessaire : on pose les bagages, on présente le passeport, et on entre. C'est l'une des facilités les plus appréciables pour organiser un séjour de trois semaines sans contrainte administrative. Pour une vue d'ensemble des pays accessibles sans visa depuis la France, consultez notre liste complète par région.
Le vol Paris-Hanoï ou Paris-Ho Chi Minh-Ville se trouve entre 450 et 650 euros aller-retour selon les périodes, avec Vietnam Airlines ou Air France via une escale. Il vaut mieux réserver deux à trois mois à l'avance pour les basses saisons, davantage pour décembre-janvier qui concentre beaucoup de touristes européens.
Sur place, le budget journalier d'un voyageur solo en mode mid-range tourne autour de 25 à 40 euros par jour. Voici ce que cela couvre concrètement :
- Hébergement : une auberge de design ou un guesthouse bien situé revient à 10 à 20 euros la nuit
- Repas : un bol de pho ou un banh mi dans la rue coûte entre 1 et 3 euros ; un restaurant correct reste sous 6 euros
- Transports locaux : bus, Grab (VTC), vélo ou scooter de location représentent 1 à 5 euros par jour
- Trains entre les villes : comptez 25 à 45 euros pour un trajet Hanoï-Da Nang en couchette
La devise locale est le dong vietnamien (VND). Les distributeurs acceptent les Visa et Mastercard étrangères, mais les frais de retrait peuvent être élevés. Prévoir une carte sans frais de change évite de perdre plusieurs euros par semaine. Pour tout ce qui touche aux formalités, à l'assurance et à la santé, la checklist avant de partir reste une référence pratique à consulter avant d'acheter son billet.
Quelle saison choisir pour cet itinéraire nord-sud ?
Le Viêt Nam a la particularité d'avoir deux régimes climatiques distincts selon la latitude. Le nord (Hanoï, baie d'Ha Long) connaît une saison fraîche et sèche de décembre à avril, idéale pour visiter sans chaleur écrasante ni pluie. Le centre (Hoi An, Hue) et le sud (Ho Chi Minh-Ville) sont à leur meilleur de novembre à avril, quand la mousson a cessé et que les températures restent supportables.
La fenêtre optimale pour un itinéraire du nord au sud est donc décembre à mars. Janvier et février correspondent à la période du Têt, le Nouvel An vietnamien : l'atmosphère est festive et les rues se couvrent de lampions, mais les prix augmentent et certains commerces ferment plusieurs jours. Mieux vaut prévoir cette période en connaissance de cause plutôt que de l'éviter systématiquement.
Hanoï : trois à quatre jours dans la vieille ville
Hanoï est une capitale à l'échelle humaine, construite autour du lac Hoan Kiem et d'un quartier historique quadrillé par 36 rues thématiques. Chaque rue portait autrefois le nom d'un corps de métier : rue des Étains, rue des Soieries, rue des Chapeliers. La logique a disparu, les noms sont restés. Aujourd'hui, les boutiques de tourisme ont colonisé une partie des enseignes, mais il suffit de s'éloigner de quelques rues pour retrouver les menuisiers, les fabricants de cercueils et les marchands de tofu qui travaillent en plein air.
Trois jours permettent de couvrir l'essentiel : le lac et le temple de la Montagne de Jade, le musée d'ethnographie qui retrace les 54 ethnies du pays de façon claire et bien documentée, le quartier français avec ses bâtiments en ocre, et les alentours de la gare centrale. La quatrième journée peut être consacrée à une excursion d'une nuit dans la baie de Lan Ha ou sur la baie d'Ha Long, qui s'organise facilement depuis Hanoï pour 50 à 80 euros avec une croisière sérieuse.
Pour se nourrir, le quartier autour de Hang Be concentre les restaurants locaux. Un repas complet ne dépasse pas 3 euros. Le bun cha, porc grillé servi avec des vermicelles et des herbes fraîches, est le plat emblématique de la capitale. On le mange assis sur un tabouret. À même le trottoir.
Hoi An : une semaine au rythme lent
De Hanoï, un train de nuit jusqu'à Da Nang (12 à 14 heures) dépose à 30 kilomètres de Hoi An. La ville est classée au patrimoine mondial de l'Unesco pour son centre historique préservé, mélange d'architecture vietnamienne, chinoise et japonaise. Elle attire depuis plusieurs années un flux dense de touristes, mais continue de fonctionner comme un vrai bourg commerçant où les tailleurs travaillent à la machine sous les lanternes et les pêcheurs rentrent à l'aube.
Une semaine à Hoi An n'est pas excessive. C'est le temps qu'il faut pour visiter sans se précipiter, apprendre à faire du vélo dans les rizières vers le village de Tra Que, passer une après-midi à My Son pour les tours Cham, et comprendre pourquoi cette ville ralentit ceux qui s'y posent.
Hoi An pour les travailleurs nomades
Hoi An est devenu l'un des hubs slow travel les plus fonctionnels d'Asie du Sud-Est pour les travailleurs à distance. Les cafés avec connexion correcte sont partout dans la vieille ville et aux alentours. Pour ceux qui ont besoin d'un bureau stable avec une connexion fiable, plusieurs coworking spaces ont ouvert ces dernières années dans le quartier An Bang et autour de la rue Nguyen Duy Hieu. Une journée de coworking se négocie autour de 5 à 8 euros, parfois avec boissons incluses.
La SIM locale reste l'investissement le plus rentable du voyage : une carte Viettel en 4G, valable 30 jours avec un forfait data généreux, coûte entre 5 et 8 euros à l'aéroport ou dans n'importe quelle boutique Viettel en ville. Le réseau 4G couvre la quasi-totalité des zones urbaines et touristiques. C'est largement suffisant pour travailler en déplacement ou utiliser Grab pour tous les trajets.
Ho Chi Minh-Ville : cinq jours dans l'ancienne Saïgon
Hoi An à Ho Chi Minh-Ville : soit un vol intérieur d'une heure depuis Da Nang (20 à 40 euros selon la réservation), soit un train de nuit depuis Da Nang jusqu'à la gare de Saïgon. Ho Chi Minh-Ville est l'ancienne Saïgon, rebaptisée après 1975 mais que tout le monde appelle encore Saïgon dans la vie courante. Neuf millions d'habitants, une densité de motos qui sidère les premiers jours, et une scène culinaire de rue considérée parmi les plus riches du continent.
Le District 1 concentre les attraits touristiques classiques : le palais de la Réunification, le musée des Vestiges de la Guerre (qui traite la guerre du Viêt Nam du point de vue vietnamien sans fard ni édulcoration), la cathédrale Notre-Dame et la poste centrale conçue par Gustave Eiffel. Ces visites prennent deux jours complets si l'on veut les faire sérieusement. Les trois jours restants gagnent à être passés dans les districts moins touristiques : le District 3 pour les cafés et les restaurants de quartier, le District 4 pour la street food de nuit au bord du canal, et Binh Thanh pour les galeries d'art contemporain qui commencent à se multiplier.
Coworking à Ho Chi Minh-Ville
HCMV dispose d'une infrastructure coworking solide, avec des espaces répartis dans les Districts 1, 3 et Binh Thanh. Les tarifs journaliers se situent entre 5 et 10 dollars américains, ce qui reste raisonnable pour une connexion stable, l'air conditionné et une communauté internationale active. Des espaces comme Toong, Dreamplex ou CirCO ont construit une réputation solide parmi les nomades de passage. Pour ceux qui séjournent plusieurs semaines, les formules mensuelles permettent de descendre sous les 100 dollars.
La connexion dans les cafés est généralement fiable dans le District 1, mais la densité de clients peut rendre les réseaux instables aux heures de pointe. Pour les appels vidéo ou les transferts de fichiers volumineux, le coworking reste préférable à un café.
Logistique de l'itinéraire : comment se déplacer
Le train est le moyen de transport le plus agréable pour relier les étapes du nord au sud. Le réseau Reunification Express relie Hanoï à Ho Chi Minh-Ville en 30 heures au total, avec des arrêts à Da Nang (proche de Hoi An) et plusieurs autres villes côtières. Les couchettes sont confortables sur les trains récents, et les paysages entre Hue et Da Nang, le long du col des Nuages qui surplombe la mer de Chine méridionale, sont parmi les plus beaux du trajet ferroviaire en Asie du Sud-Est.
Les vols intérieurs restent une option efficace pour éviter les longs trajets. VietJet, Bamboo Airways et Vietnam Airlines proposent des liaisons fréquentes entre les grandes villes pour moins de 40 euros sur les routes courtes. En réservant deux semaines à l'avance, les tarifs descendent souvent sous les 25 euros.
- Hanoï : 4 jours (vieille ville, lac Hoan Kiem, excursion Ha Long)
- Hoi An : 7 jours (vieille ville, vélo, coworking, excursion My Son)
- Ho Chi Minh-Ville : 5 jours (Districts 1 / 3 / 4, musées, street food nocturne)
- Transitions et jours libres : 5 jours
Ce découpage laisse de la marge pour ralentir là où on se sent bien, sans subir la pression d'un programme trop serré. Le Viêt Nam récompense les voyageurs patients. Il récompense ceux qui s'arrêtent plus longtemps que prévu.
Conseils pratiques pour préparer le séjour
Quelques points concrets qui font la différence une fois sur place :
- Argent : prévoir des dollars américains en petite coupure pour les hôtels qui facturent parfois en dollars dans les zones touristiques ; retirer du dong pour les repas de rue et les marchés
- Santé : les vaccinations recommandées incluent l'hépatite A, la typhoïde et la rage pour les séjours prolongés hors des centres urbains ; consulter un médecin du voyageur deux mois avant le départ
- Assurance : une couverture rapatriement est indispensable ; les frais médicaux restent bas, mais une hospitalisation peut vite dépasser plusieurs milliers d'euros sans couverture
- Conduite : louer un scooter est possible et pratique, mais exige une vraie maîtrise de la conduite dans un trafic dense et peu prévisible ; l'option Grab est souvent plus sûre pour les trajets en ville
Pour les voyageurs qui envisagent un séjour de deux semaines plutôt que trois, un itinéraire condensé sur Hanoï, Hoi An et Ho Chi Minh-Ville reste cohérent, en réduisant le temps passé dans chaque étape. Voir à ce sujet notre itinéraire Viêt Nam en 2 semaines pour une version resserrée avec les mêmes étapes clés.
Cet article a été rédigé avec l'aide de l'intelligence artificielle, puis relu par la rédaction.
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