Le nord et le sud : deux îles en une
Tenerife se divise en deux territoires distincts, séparés par la dorsale volcanique. Le nord, arrosé par les alizés, abrite des vallées couvertes de laurisilva, cette forêt subtropicale classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Puerto de la Cruz est la capitale culturelle du nord : ville animée, piscines naturelles de Martianez signées César Manrique, marché local et architecture coloniale. Le jardin botanique (Jardín de Aclimatación de La Orotava, fondé en 1788) mérite une matinée entière.
Le sud concentre les complexes hôteliers, les plages de sable importé et le soleil quasi garanti. Playa de las Américas et Los Cristianos sont les stations les plus fréquentées. La plage de El Médano, au sud-est, est prisée des kitesurfeurs grâce à ses vents constants. Si vous cherchez le calme, optez pour la côte nord-est, autour de Taganana, accessible par une route en lacets qui surplombe l'océan.
Le Teide et le parc national
Le parc national du Teide est le plus visité d'Espagne et l'un des plus fréquentés d'Europe. L'accès au sommet se fait par téléphérique (environ 27 euros aller-retour) depuis la station de base à 2 356 mètres. Pour atteindre le cratère (3 718 m), un permis gratuit mais obligatoire est nécessaire : réservez sur le site du parc national plusieurs semaines à l'avance, les places partent rapidement. La montée à pied par le sentier Montaña Blanca demande environ 5 heures depuis le parking à 2 300 mètres.
Même sans atteindre le sommet, le parc vaut le détour pour ses paysages lunaires, ses coulées de lave solidifiée et la lumière particulière qui baigne les roches ocre et rouges en fin de journée. La route TF-21 qui traverse le parc est ouverte toute l'année. En hiver, il peut neiger au-dessus de 2 000 mètres : prévoyez des vêtements chauds même en plein été.
Les plages
Les plages de Tenerife surprennent par leur diversité. Le sable noir volcanique est typique du nord et de certaines criques du sud-ouest. Playa Jardín à Puerto de la Cruz est la plus connue des plages noires, encadrée de jardins conçus par Manrique. La plage de Benijo, dans le massif d'Anaga, est l'une des plus sauvages de l'île, bordée de hautes falaises et accessible par un chemin de terre.
Au sud, Playa de las Teresitas, au nord de Santa Cruz, est une exception : son sable doré a été importé du Sahara dans les années 1970. Largement préservée de la suroccupation, elle reste fréquentée surtout par les habitants. Pour les amateurs de snorkeling, les fonds rocheux de la côte nord, autour d'El Pris ou de Los Realejos, offrent de belles observations.
Gastronomie
La cuisine canarienne est influencée par l'Amérique latine et l'Afrique du Nord, avec des produits locaux bien identifiés. Les papas arrugadas (pommes de terre ridées cuites dans l'eau très salée) accompagnées de mojo rojo ou mojo verde sont incontournables. Le mojo, sauce à base de poivrons, ail, cumin et huile d'olive, se décline en dizaines de variantes selon les familles.
Le gofio (farine de céréales torréfiées) est utilisé depuis l'époque des Guanches, les habitants préhispaniques de l'île : on le trouve dans les soupes, les desserts et les boulangeries locales. Le poisson frais (vieja, cherne, sama) grillé à la braise dans les guachinches, ces petits restaurants familiaux souvent cachés dans les vignes du nord, est l'une des meilleures adresses gastronomiques de l'île. Comptez 12 à 18 euros pour un repas complet avec vin local dans un guachinche.
Budget et pratique
Tenerife est desservie par deux aéroports : Tenerife Nord (TFN, proche de Puerto de la Cruz) et Tenerife Sud (TFS, proche des stations balnéaires). Les vols depuis Paris, Lyon ou Bordeaux coûtent entre 80 et 200 euros aller-retour selon la saison. La haute saison touristique s'étend de décembre à février (soleil garanti) et de juillet à août. Les périodes les moins chères sont l'automne et le printemps.
Le réseau de bus TITSA couvre l'île de façon satisfaisante, mais une voiture de location (à partir de 25 euros par jour) reste le moyen le plus pratique pour explorer le parc du Teide et les zones reculées du massif d'Anaga. L'hébergement varie de 50 euros la nuit pour un appartement en location saisonnière à 150 euros pour un hôtel de bon niveau. La monnaie est l'euro. Les taxes locales (IGIC) sont inférieures à la TVA continentale, ce qui rend certains achats légèrement moins chers qu'en métropole.
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