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Majorque, Espagne

Majorque au-delà des plages : ce que l'île espagnole cache vraiment

  • AuteurOrbito
  • Publié
  • Lecture4 min

Palma, la capitale sous-estimée

On atterrit à Palma, on file vers la plage, et l'on passe à côté de l'essentiel. Palma de Majorque mérite au minimum une journée entière. Sa cathédrale gothique, La Seu, surgit au-dessus du port avec une silhouette qui doit beaucoup à Gaudí : le maître catalan a supervisé une partie de son aménagement intérieur entre 1904 et 1914. L'entrée coûte environ 9 euros. En face, le Palau de l'Almudaina, ancienne résidence royale maure reconvertie en résidence d'État, se visite pour 7 euros.

Le quartier de Sa Gerreria, longtemps négligé, est devenu le cœur bohème de la ville : galeries indépendantes, caves à vins naturels, restaurants de cuisine de marché. Le marché de l'Olivar (Plaça de l'Olivar) constitue l'arrêt obligatoire du matin pour acheter jambon pata negra, fromages locaux et ensaïmades fraîches. Comptez une heure sur place, davantage si vous n'avez pas déjeuné.

Le Passeig des Born, artère centrale bordée de platanes, invite à flâner en direction du quartier de Santa Catalina, le plus vivant le soir, avec ses bars à vins et ses tables créatives ouvertes jusqu'à minuit.

La Sierra de Tramuntana

Classée au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2011 pour son paysage culturel, la Sierra de Tramuntana court sur 90 kilomètres le long de la côte nord-ouest. Les villages perchés qui s'y succèdent, Valldemossa, Deià, Sóller, comptent parmi les plus beaux d'Espagne sans jamais forcer le pittoresque.

Valldemossa s'est fait connaître par le séjour hivernal de Frédéric Chopin et George Sand en 1838-1839, une saison glaciale qui inspira les Préludes. La chartreuse où ils logèrent est aujourd'hui un musée (environ 10 euros). Deià, en contrebas, a longtemps accueilli Robert Graves, qui y est enterré, puis des générations de peintres et d'écrivains. Le village reste habité par des artistes, ce qui lui donne une atmosphère rare pour la Méditerranée.

Sóller mérite le détour autant pour son centre Art déco que pour le train à voie étroite qui relie la ville à Palma depuis 1912. Le trajet (environ 20 euros aller-retour) traverse des vergers d'orangers et des tunnels creusés à la main dans la roche : un voyage en soi. Le port de Sóller, accessible en tramway depuis la place centrale, offre des eaux turquoise sans la foule des criques du sud.

Pour les randonneurs, le GR 221, dit Route de Pierres Sèches, traverse la sierra d'est en ouest sur une semaine. Les refuges (environ 25 euros la nuit) se réservent plusieurs semaines à l'avance en haute saison.

Les calas du sud et de l'est

L'est et le sud-est de Majorque concentrent les calas les plus spectaculaires, celles que les guides décrivent comme des "piscines naturelles". Cala Mondragó, intégrée dans un parc naturel, s'atteint par une route étroite et un parking payant en été (5 euros la journée). L'eau y est d'un vert transparent inhabituel pour la Méditerranée occidentale.

Cala Varques, sur la côte est, n'est accessible qu'à pied ou en kayak depuis Porto Cristo, ce qui préserve sa fréquentation. La marche depuis le parking prend 20 minutes par un sentier côtier. Les grottes de Drach, à Porto Cristo, constituent l'attraction la plus visitée de l'île (20 euros, concert de musique classique sur le lac souterrain inclus) et justifient un arrêt même pour les voyageurs peu enclins aux visites touristiques.

Au sud, Es Trenc reste la plage la plus sauvage de l'île malgré sa réputation : dix kilomètres de sable blanc protégés de la construction, eau peu profonde, dunes naturelles. Arriver avant 10h ou après 17h en juillet-août pour éviter la saturation.

Gastronomie majorquine

La cuisine de Majorque tient à distance la cuisine espagnole continentale. La sobrassada, saucisse rouge au pimentón fumé que l'on tartine sur du pain grillé avec du miel, se déguste au petit-déjeuner ou à l'apéritif. L'ensaïmada, brioche spiralée saupoudrée de sucre glace, accompagne le café du matin dans toutes les pasteleries. Le tumbet, gratin de légumes du soleil (aubergines, poivrons, pommes de terre) à l'huile d'olive, constitue le plat végétarien de référence.

Pour manger local sans se ruiner, les "cellers" (caves à vin reconverties en restaurants) pratiquent des prix raisonnables : menu du midi entre 12 et 18 euros à Inca ou Sineu, deux villes de l'intérieur rarement visitées. La bodega José L. Ferrer à Binissalem propose des visites et dégustations pour comprendre les vins d'appellation Binissalem, les seuls vins de Majorque bénéficiant d'une DO.

Quand venir et budget

Mai, juin et septembre sont les mois idéaux : la mer est déjà ou encore à bonne température (22-25°C), les criques ne sont pas saturées, et les prix hôteliers restent inférieurs de 30 à 40% au pic de juillet-août. En avril, la Sierra de Tramuntana se couvre de fleurs d'amandiers et la randonnée est incomparable, mais la mer reste fraîche (18°C).

Un budget réaliste pour un séjour de 5 nuits hors transport aérien : hébergement en hôtel 3 étoiles à Palma entre 80 et 130 euros la nuit, location de voiture indispensable (environ 40 euros par jour en mai), repas entre 20 et 45 euros par personne selon les établissements. Prévoir 600 à 900 euros par personne, toutes dépenses confondues hors transport aérien.

L'avion Paris-Palma se trouve régulièrement sous 80 euros aller-retour en dehors des vacances scolaires. L'aéroport est à 8 km du centre de Palma, accessible en bus pour 5 euros ou en taxi pour environ 25 euros.




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